Le libre, un art de vivre ?
Par ephase le mercredi, mars 14 2007, 00:50 :: Linuxeries :: Lien permanent
Si le libre est à la base une philosophie informatique s'étendant ensuite à d'autre domaine que le logiciel (création, matériel ...), c'est devenu au fil du temps une philosophie tout court. Je dirais même que c'est devenue un nouvel art de vivre qui se veux bien plus près de l'Homme que de la machine.
J'ai découvert le libre il y a quelques années comme beaucoup : d'abord avec firefox, puis ensuite OpenOffice.org et autres VLC. Mais je n'ai découvert la véritable philosophie du libre que quelques mois auparavant avec la création du collectif Giroll. D'abord en découvrant que le libre ne touchait plus seulement les logiciels mais aussi d'autres secteurs relatif à l'informatique ou non (la bière libre par exemple...). Puis en découvrant tout l'aspect humain derrière cette philosophie grâce a ce fameux collectif.
Comment pourrais-je expliquer cet aspect? Ceci est relativement simple : Giroll est un collectif relativement hétérogène, il est nullement question ici de geeks mais bel est bien de personnes venues tout bords motivées par le partage. Lors de nos différentes réunions, il est souvent question d'informatique, mais c'est aussi souvent l'occasion de se rencontrer, de discuter, de débattre sur des sujets divers et variés. Et d'ailleurs, le collectif ne se réuni pas seulement pour ses ateliers hebdomadaires : nous avons déjà fait plusieurs soirées : barbecue à la péniche (voir ici), soirée pour rencontrer le membre d'un autre groupe d'utilisateur de linux (voir ici et ici), boire un coup improvisé après un atelier ...
L'arrivée de Giroll n'est pas seulement un chamboulement dans ma façon d'aborder l'informatique, c'est aussi une nouvelle façon d'aborder les rapports humains avec comme mots clés partage et convivialité. Comme quoi, l'informatique peut bel et bien rapprocher les gens, encore faut-il vouloir s'impliquer...
Commentaires
Effectivemen, tu l'as bien dit ! Le libre est un art de vivre.
Par Giroll (et pleins d'autres réalisations bien plus importantes : wikipedia pour n'en citer qu'une!), on voit que le partage ne se réduit pas à la notion de don.
Donner c'est généreux mais c'est un peu perdre quelque chose de soi. Dans notre civilisation égocentrique, Donner peut être stressant... On n'a qu'à voir toutes les peurs stigmatisées par le monde politique pour s'en rendre compte. La générosité ne fait plus partie des priorités. Le confort et la sécurité sont là pour aggrémenter la solitude.
Vivre libre ce n'est pas une utopie anarchiste. C'est plutôt une manière de renverser ces "peurs". "Donner" devient "produire et participer". C'est la mobilisation organisée et consentie des individus pour la production d'un patrimoine commun. Le libre crée ainsi aussi bien du savoir, des logiciels mais aussi du lien social. Une manière d'appréhender l'Autre dans un rapport d'égalité de partage au service de tous.
Un paysan africain laboure le champ de son voisin comme le sien pour obtenir la même aide en retour. La richesse globale devient ainsi plus importante. A mon sens, c'est ça le libre ! Une perte de propriété pour un gain de richesse.
On comprend pourquoi certains méprisent le libre. Faut lâcher la corde!
Quand à la motivation et l'engagement... c'est la seule garantie de réussite!
Personnellement je suis passé au libre par curiosité et par "résistance". J'en avais marre de cracker des logiciels que je ne pouvais me payer, j'en avais marre de voir le pognon qui est fait sur le dos du consommateur "lambda" et la façon de verrouiller un marché par diverses façons (faciliter le piratage pour confiner l'utilisateur dans un système, abuser de la vente liée...), j'en avais marre de me savoir surveillé par mon système et de ne plus me sentir virtuellement libre (voir trusted-computing)... Qui plus est, j'en avais marre des OGM, de la pollution, du chômage, de la précarité dans le travail, des golden-parachutes, et des inégalités entre l'hémisphère sud et chez nous. Du coup, je suis passé sous linux et j'ai découvert une communauté exemplaire par son accueil et son engagement, et je me suis mis à consommer différemment (équitable, local) et je me suis même inscrit dans une AMAP où j'ai trouvé une très bonne communauté également (j'invite tout le monde à faire de même, pour un tarif du même niveau que ce que nous offre une grande surface, je mange bio, avec du goût, et j'assure un revenu régulier à un producteur local avec qui j'ai un contact direct, une relation de confiance), et je n'utilise presque plus ma voiture mais plus mon vélo, et je fais très attention au tri de mes déchets et à ma consommation d'énergie, et je fais gaffe à ne pas acheter n'importe quoi (j'ai plutôt adopté une attitude anti-consumériste et responsable au niveau de mes achats), et je m'implique dans les actions sociales de ma commune, sachant que cela va du simple coup de main "graphique", à du soutien scolaire pour des jeunes en difficultés...
Bref, tout ça pour dire que la philosophie du libre ça peut aller loin (et je pense avoir encore du chemin à faire) mais c'est terriblement bon d'être en paix (presque) avec soit-même et avec les autres, et de se sentir... libre.
++